Le rôle du producteur phonographique

« Trouver son producteur » est souvent perçu comme THE objectif des artistes qui veulent percer, mais il est tout de même important de préciser ce que c’est réellement et quel est son rôle.

Remarque : A ne pas confondre avec les « producers », issus de la langue anglo-saxonne qui désignent plutôt des directeurs artistiques souvent aussi ingénieurs du son.

On parle ici de producteur phonographique.

 

Définition

Juridiquement la définition du producteur Phonographique est :

« Le producteur de phonogrammes est la personne, physique ou morale, qui a l’initiative et la responsabilité de la première fixation d’une séquence son »

Article L.213-1 du Code de la Propriété Intellectuelle

Plus simplement, un producteur est un professionnel qui permet aux artistes de produire de la musique ; c’est-à-dire de composer, enregistrer, etc. Il prend donc en charge les frais de production. Le producteur accueille les projets d’autres artistes, mais peut aussi en être à l’origine.

Les rôles du producteur

Tout d’abord économique :

Lorsqu’il s’engage dans un projet, le producteur commence par déterminer dans quelles mesures sa réalisation est possible. Il crée alors un budget pour mesurer les ressources physiques et moyens techniques nécessaires au bon aboutissement du projet. Dans ce cadre, il peut aussi obtenir des contrats avec des professionnels clés avec qui il serait intéressant de collaborer. (Il prend en charge l’aspect juridique de la rédaction des contrats.)

De plus, il prend en charge le coût du studio d’enregistrement, de la rémunération des différents intervenants du projet (mixeur, ingé-son, musiciens, etc.) et enfin quand le moment est venu, il paye pour la campagne de promotion.

Puis artistique :

En effet un producteur ne fait pas que payer. Il s’agit souvent de professionnels de la musique, qui ont de l’expérience dans le milieu et peuvent avoir été musicien par le passé. Ils assurent parfois aussi un rôle artistique. En donnant certaines directives, en prenant part à la création du morceau au moment de l’enregistrement, de la composition, de l’écriture des paroles et de la post-production. Il participe à la sélection des morceaux qui seront sur le projet final et enfin conduit la campagne de promotion. En bref, il supervise généralement le projet dans son ensemble.

Il ne faut pas oublier qu’un producteur sélectionne les projet et les artistes pour lesquels il accepte de s’investir. Comme il se rémunère de l’exploitation de l’album ou de l’EP sorti, il ne travaille que pour un projet qu’il croit capable de “marcher”. Ainsi, il effectue régulièrement des écoutes de maquettes pour trouver des pépites.

 

Comment être écouté par un producteur ?

Si vous parvenez à obtenir le contact d’un producteur qui vous intéresse, prenez bien le temps de réfléchir à comment le contacter de manière à ce qu’il se souvienne de vous.

Tout d’abord, les producteurs sont tournés vers la fraicheur, alors envoyer vos musiques originales est plus pertinent que de leur présenter des reprises de chansons connues, aussi différentes de l’originales soient elles.

Ils ont très peu de temps devant eux et ils reçoivent des centaines de mails d’artistes par jour. Pensez à présenter 2 à 3 morceaux MAXIMUM, qui représentent le mieux votre univers. Vous pouvez les tester au préalable devant un public pour voir celles qui sont les plus percutantes.

Comme pour les lettres de motivation de recrutement pour un CDI, il est impératif de personnaliser le mail et d’avoir une bonne accroche. Si vous en avez, n’hésitez pas à joindre votre plaquette de présentation, ou un moodboard représentant votre projet.

 

L’autoproduction

Avoir un producteur peut être difficile à convaincre. Les bons sont souvent inaccessibles, et un producteur prend trop de place dans un projet pour s’engager avec un producteur qui a peu d’expérience. Beaucoup d’artistes se tournent alors vers l’autoproduction. C’est-à-dire qu’ils financent eux-mêmes leur projet ; leurs sessions studio, leur communication, la composition, le mixage, le mastering, etc.

Une fois leur album ou EP enregistré, ils utilisent une plateforme de streaming pour diffuser comme Spotify ou Deezer. Ils communiquent sur les réseaux sociaux pour se faire connaître. A partir de là, s’ils arrivent à créer une fanbase importante, des gens du milieu peuvent les repérer et les prendre sous leur aile.

L’autoproduction est un très bon exemple des artistes que l’on dit “self-made”. Par exemple Rilès qui s’est fait connaître grâce à sa chaîne YouTube où il créait une musique par semaine. (Avec un bon coup de pouce du Youtuber Seb La Frite) il en est à son 3ème album et fait aujourd’hui la tournée des festivals.

Voici quelques conseils pour faire grandir sa fanbase et être repéré ensuite par des producteurs :

  • Avoir une forte image. Travailler son aspect visuel et son stprytelling est aujourd’hui aussi important que la musique que vous partagez. Soignez votre site Internet et vos réseaux sociaux, il s’agit de votre vitrine !
  • Créez de l’interaction et une vraie complicité avec vos fans au travers de jeux concours, d’une newsletter, d’exclusivité à certains évènements.
  • Jouez régulièrement sur des scènes locales. Si vous concentrez votre fanbase, elle n’en sera que plus forte et active.
  • Entourez vous d’artistes qui vous ressemblent et avec qui vous aimez partager votre musique. Vous créerez ainsi un univers qui aidera à créer des synergies de communautés.

La SACEM encourage les artistes indépendants et propose une aide à l’autoproduction qui s’élève à 6000 euros. Afin d’être accompagné dans votre demande de subvention, retrouvez nos professionnels qui vous sauveront de votre phobie administrative !

 

Commentaires

  • Delphine
    juillet 26, 2022 at 1:34

    Bonjour,
    Merci pour cet article, très clair. En effet en anglais le “producer” est plutôt le directeur artistique. Pouvez-vous me dire comment on appelle dans ce cas le producteur en anglais ? Merci beaucoup.

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